Pascal Bidégorry : «The Race, c’est le top!»
Posté par therace2 | Catégorie The Race

Record de l’Atlantique en 3 jours et demi, record des 24 heures avec 908 milles, record de la Méditerranée en 14 heures à plus de 33 nœuds de moyenne : visiblement le maxi trimaran Banque Populaire V est bien né. Pour Pascal Bidégorry et son équipage, ne manque plus que l’essentiel : le Trophée Jules Verne qu’ils tenteront cet hiver. Ensuite, le skipper basque ne fait pas mystère qu’il adorerait participer à The Race 2….
Pascal, où en êtes-vous aujourd’hui avec le maxi Banque Populaire ? A quel degré de préparation ? Le bateau est rentré en chantier il y a 10 jours, sitôt le retour du record de la Méditerranée suivi d’un peu de relations publiques et du convoyage. La mise à l’eau est prévue pour le 22 ou 23 aout. Puis, nous recommencerons à naviguer dans la foulée pendant un mois et demi et nous serons en octobre à Brest pour le début du stand-by du Trophée Jules Verne. Nous faisons un chantier normal avant un Jules Verne : un petit peu de composites, pas de grosses modifications… On travaille essentiellement sur des petits points de fiabilité et le confort à bord. Ce n’est pas très spectaculaire mais ce sont des détails qui font qu’un moment donné tout est plus pratique, car 14 membres d’équipage, ça doit se gérer aussi du point de vue de la vie à bord. Vous serez donc 14 et non pas 13 à bord ? Oui, nous avons constaté que c’était mieux, car manœuvrer ce trimaran de 40 mètres à moins de 10 personnes n’est vraiment pas évident. Donc si on veut avoir un vrai quart off, laisser réellement quatre gars au repos, c’est plus commode à 14. L’équipage pour le Trophée Jules Verne est-il constitué ? A 90%, oui. Il sera annoncé officiellement en août, mais je peux déjà dire qu’on constate un fort intérêt des marins pour le projet, j’ai reçu beaucoup de demandes y compris en provenance de l’étranger. D’ailleurs Brian Thompson et Juan Vila (navigateur espagnol deux fois vainqueur de l’America’ Cup, ndr) seront avec nous, ainsi que très probablement Fred Le Peutrec (qui était chef de quart sur Groupama, l’actuel détenteur du Jules Verne). Le record de la Méditerranée et le convoyage qui a suivi vous ont-ils appris des choses supplémentaires sur le bateau ? Nous avons navigué dans des conditions très musclées : 55 nœuds établis au portant, avec la mer qui va avec en Méditerranée… heureusement que le bateau est grand car dans ces conditions, tu te sens très vite tout petit ! C’était la première fois que nous naviguions dans une mer aussi hachée et aussi courte, donc c’était intéressant pour tout le monde. Ce petit mois et demi en Méditerranée a été constructif, on a vu des petits détails d’optimisation sur les voiles, des petits réglages, dans la continuité de ce que nous avions constaté jusqu’ici. Tout se passe très bien.
« The Race, pour moi, c’est le top ! »
Le fait que Groupama ait abaissé le record du Trophée Jules Verne à 48 jours change-t-il fondamentalement la donne pour vous ? Honnêtement, je ne pense pas à ça. Il faut faire moins de 48 jours au lieu de 50, voilà tout. Nous ferons au mieux, mais on ne part pas pour faire n’importe quoi non plus, nous naviguerons comme nous savons faire. Ces deux jours de moins ne changeront ni ma façon de naviguer ni ma manière d’utiliser le bateau. A ce propos, c’est sûr que quand tu vois les résultats du bateau, de l’extérieur on peut se dire qu’il est vraiment supérieur à Groupama… mais c’est un tout, l’équipage est de grande qualité aussi et on ne m’en parle jamais ! Pourtant, quand tu regardes les vitesses, elles ne sont pas si supérieures à celles de Groupama. Bruno Peyron relance The Race, avec un départ en 2013 ou 2014. Vous avez toujours dit être intéressé par cette course « no limit» autour du monde. Est-ce toujours le cas et si oui pourquoi ? Tant qu’à naviguer aujourd’hui sur des maxis comme les notres, The Race, pour moi, c’est le top ! Beaucoup de choses sont excitantes dans la course au large aujourd’hui, mais je pense – et nous en avons tous conscience dans l’équipe – que nous avons la chance de naviguer sur les bateaux les plus extraordinaires du monde. Le summum pour moi, ce serait un programme qui conjuguerait d’une part cette chasse aux records très excitante et d’autre part de très grandes courses en flotte, comme The Race. Vous serez donc candidats au départ de The Race 2 ? Oui, bien sûr !
Tags: banque populaire, G.Class, maxi trimaran, Pascal Bidégorry